Souvenez-vous de Munich
Dernière mise à jour : 5 févr.
Si l’on vous dit « conférence de Munich », il y a de grandes chances que vous pensiez aux accords de 1938, qui visaient à sauvegarder la paix entre les différents pays européens. Mais saviez-vous qu’une autre conférence, s’étant aussi tenue à Munich, avait posé les fondements de la déontologie journalistique ? Retour sur les principes fondamentaux mis en place lors de cette assemblée.
En 1971, la conférence de Munich marque un tournant au sein du monde des médias : elle formalise, à l’échelle européenne, une réflexion collective sur les droits et les devoirs des journalistes, que ce soit face au pouvoir politique, économique, ou encore aux pressions de toute nature. Son texte de référence, souvent appelé Déclaration de Munich, reste aujourd’hui un socle éthique.
Elle affirme d’abord des droits essentiels : le journaliste a le droit d’accéder librement aux sources d’information, de refuser toute pression et de protéger le secret de ses sources. À l’ère des enquêtes transnationales, où les journalistes enquêtent sur des lobbies à l’influence toujours plus forte, ce droit est d’autant plus crucial : sans protection des sources, nombre de scandales contemporains n’auraient jamais émergé.
Mais la déclaration insiste aussi sur les devoirs, indissociables de ces droits. Voici ce qu’on peut en retenir : vérifier les faits, recouper les informations et corriger ses erreurs, autant de devoirs dont la finalité ultime est la recherche de la vérité. Là où la désinformation virale et les réseaux sociaux nous poussent à produire vite et en quantité, ces principes rappellent que la rapidité ne doit jamais primer sur l’exactitude.
Le texte souligne par ailleurs l’obligation de ne pas confondre information et propagande. Un journaliste doit refuser les avantages, cadeaux ou pressions susceptibles d’influencer son travail. Cette exigence résonne fortement aujourd’hui, alors que les frontières entre industrie du contenu, influence et journalisme sont parfois brouillées. La Déclaration de Munich rappelle enfin que le journaliste est responsable devant le public, et non devant les pouvoirs.
Ces principes constituent des repères précieux, qui encadrent l’information et permettent aux populations d’accéder à des savoirs vérifiés. Le bon fonctionnement de nos sociétés en dépend. Plus de cinquante ans après, ne les oublions pas.



