top of page

Sous les océans, le vacarme du réchauffement climatique

  • Louise Torres Schmitt
  • 22 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Image de couverture : © Naja Bertolt Jensen


Plastique, pétrole, fonte des glaces : la pollution marine est souvent visible. Le bruit, beaucoup moins. Pourtant, l’océan n’a jamais été aussi sonore. Et non, ce n’est pas la profusion de jeunes hurlant sur leurs jet-skis à Lloret de Mar qui fait saturer l’océan de bruit.


Le saviez-vous ? 


Depuis la révolution industrielle, l’océan a absorbé un quart du CO₂ humain, faisant chuter le pH de 8,21 à 8,1 — une variation minime en apparence, mais qui correspond à près de 30 % d’acidité en plus. Or, une eau plus acide absorbe moins bien les sons graves, ceux émis par les navires. 


Résultat : là où un bateau passait autrefois presque inaperçu, son moteur résonne aujourd’hui sur des kilomètres.

Le réchauffement des océans amplifie le phénomène. En modifiant la température, il peut créer de véritables tunnels acoustiques sous-marins, qui transportent le bruit sur des centaines de kilomètres.


Dans ces corridors invisibles, la navigation maritime, principale source de sons graves (10 Hz à 1 kHz), domine déjà le paysage sonore. Avec l’augmentation du trafic mondial, le bruit ambiant pourrait bientôt se faire entendre jusque dans les coins les plus reculés de l’Arctique ou le long des côtes africaines. 


Le problème ? De nombreuses espèces marines, en particulier les mammifères marins, dépendent du son pour communiquer, se nourrir, se reproduire ou identifier les dangers. Un océan plus bruyant, où le son se propage davantage, menace ces comportements essentiels, avec des effets sur les écosystèmes encore largement inconnus.


Une chose est certaine : l’humanité ne sait peut-être pas vivre sous l’eau, mais elle sait certainement s’y faire entendre.




Les données et analyses présentées ici s’appuient sur l’étude « Predicting the contribution of climate change on North Atlantic underwater sound propagation » publiée dans PeerJ par une équipe de chercheurs (Possenti et al., 2023).

bottom of page